Au début des années 90, il n'existait que très peu de protocoles de téléchargement de fichiers fonctionnant avec des Minitels. Pour pouvoir les utiliser, il fallait payer une rente aux auteurs de ces protocoles.
J'avais alors besoin d'utiliser un tel protocole mais pas le premier sou pour payer ne serait-ce qu'un mois de la licence.
J'ai donc conçu les protocoles Moondial pour mon usage personnel et, puisque cela ne me coûtait rien, j'ai mis ces protocoles à disposition de tous sous une forme libre et gratuite.
Dans la documentation du 11/11/1991, j'écrivais, pour expliquer ma démarche :
MoonDial peut être librement exploité commercialement sans aucune
restriction (si ce n'est l'obligation de divulguer le fonctionnement
complet du protocole) ni rémunération de quelque ordre que ce soit à
son auteur.
Quelle que soit l'implémentation du protocole (centre serveur ou
logiciel externe), il n'est pas nécessaire de faire une demande
d'autorisation à son auteur : elle vous est accordée (que vous soyez
le plus honnête ou le plus filou).
Bien entendu, MoonDial peut être exploité non-commercialement au sein
d'une association, d'une société ou chez un particulier sans reverser
quoi que ce soit à qui que ce soit.
Ce protocole est placé dans le domaine public afin de permettre à tout
centre serveur de l'utiliser en bénéficiant de sa diffusion
(grandissante) et de son prix (0 franc).
Je n'étais pas seul à avoir ce genre d'idées à l'époque : le 25 août 1991, un certain Linus Torvalds publiait ainsi un petit logiciel nommé "Linux"...
J'ai, pour ma part, découvert Linux en 1993 et commencé à l'implanter chez mes clients en 1998.
Contrairement à l'idée généralement reçue, la gratuité des logiciels libres n'est pas leur principal intérêt. L'image qu'elle suscite (gratuité = mauvaise qualité) les déssert plutôt même.
Le logiciel libre est avant tout une philosophie : réaliser des logiciels dans un esprit coopératif où chacun bénéficie du travail et du savoir-faire des autres pour obtenir un produit fiable et de qualité ; le code source qui permet de modifier ou compléter le logiciel doit impérativement être fourni afin que chacun puisse l'utiliser ou le corriger comme bon lui semble. Dans la plupart des cas, lorsqu'un utilisateur trouve un bug et le corrige, il envoie ses corrections à l'auteur qui les intègre. Un logiciel comme Linux est étudié, modifié, corrigé, amélioré et testé par des millions d'utilisateurs dans le monde. Les logiciels libres ont également une dimension pédagogique : ils permettent d'apprendre en étudiant comment l'autre a fait.
Cette démarche s'oppose à celle des logiciels dits propriétaires qui s'attachent à garder jalousement leurs secrets de fabrication. De fait, il est beaucoup plus difficile de comprendre certains comportements puisque le code source n'est pas accessible. Les bugs et les failles de sécurité restent tranquilement enfouis, à l'abri des regards, jusqu'à ce que quelqu'un les découvre et fabrique, par exemple, un virus.
Les logiciels libres utilisent des formats de fichiers dits "ouverts" ce qui signifie que tout le monde peut potentiellement lire et comprendre le contenu d'un fichier produit par un logiciel libre. Cela facilite grandement les échanges de données entre logiciels différents (et peut-être concurrents). C'est ce qu'on appelle l'inter-opérabilité. On peut comprendre que les éditeurs de logiciels propriétaires ne voient pas ces possibilités d'un très bon oeil, mais c'est dans l'intérêt des utilisateurs.
C'est bien là toute la problématique des SSII aujourd'hui : les produits sont puissants et fiables mais comment faire payer quelque-chose de gratuit ?
Une des clés de la pertinence économique des logiciels libres est que les sommes qui étaient autrefois utilisées pour acquérir des licences auprès des éditeurs de logiciels hégémoniques peuvent maintenant être judicieusement employées à utiliser les compétences de techniciens et ingénieurs locaux. Payer pour des compétences plutôt que pour des CDROMs.
Notre activité de développement de logiciels sur mesures a pour particularité que nos clients, une fois satisfaits de notre travail, n'ont plus besoin de nos services et le logiciel créé pour eux peut très rarement être vendu à nouveau à un autre client. Ainsi, pour nous il ne fait aucune différence que les logiciels que nous produisons soient utilisé par une ou par mille sociétés.
Nous travaillons depuis octobre 2003 avec la mission TICE (Technologies de l'Information et de la Communication dans l'Enseignement) de l'académie d'Orléans-Tours sur le projet Solaere.
Ce projet permet la mise en place d'une infrastructure de travail, d'un coeur de réseau pour les établissements scolaires. Il offre de nombreux services : DHCP, DNS, email, web, bases de données, proxy+cache filtrant pour protéger les mineurs, annuaire ldap, contrôleur principal de domaine Windows NT compatible LDAP, etc.
Tous ces logiciels fonctionnent sous Linux et sont 100% libres et gratuits. Nous avons réalisé divers développements pour ce projet, financés ponctuellement par des établissements scolaires. Ces logiciels sont aujourd'hui disponibles gratuitement pour tous les établissements scolaires et pour toute personne qui souhaiterait les utiliser.
L'architecture matérielle et logicielle de ces réseaux est relativement complexe. La sécurité du réseau repose notamment sur la technologie des VLANs et nécessite donc la configuration d'équipements actifs de niveaux 2 et 3. La configuration des logiciels, quant à elle, nécessite des compétences en administration système et réseau.
Nous avons activement participé à la phase d'expérimentation et notamment déployé Solaere dans la plupart des établissements concernés. Aujourd'hui nous offrons nos compétences aux établissements scolaires et entreprises qui souhaiteraient intégrer cette solution dans leur structure. Nous intervenons dans les domaines suivants :